Beaucoup de chirurgiens-dentistes travaillent dur, remplissent leur agenda et génèrent un chiffre d’affaires confortable tout en ayant le sentiment que l’argent ne reste pas. Trésorerie tendue, difficulté à se projeter, décisions financières prises dans l’urgence : ces situations sont rarement liées à un manque d’activité, mais bien à des erreurs financières souvent invisibles au quotidien.
Ces erreurs ne sont pas spectaculaires, mais elles coûtent cher sur le long terme. Elles grignotent la rentabilité, augmentent la pression financière et freinent les projets de développement du cabinet. Et surtout, elles sont très répandues, même dans des structures qui fonctionnent bien en apparence.
Dans cet article, nous allons revenir sur 3 erreurs financières fréquentes que nous observons chez de nombreux dentistes. Les identifier permet de reprendre le contrôle de ses chiffres, de sécuriser son cabinet et d’éviter des décisions coûteuses, souvent prises trop tard.
Erreur n°1 : Se fier uniquement au chiffre d’affaires
C’est l’erreur financière la plus répandue chez les dentistes. Beaucoup pilotent leur cabinet en regardant uniquement le chiffre d’affaires, en partant du principe que s’il augmente, tout va bien. Pourtant, un chiffre d’affaires en hausse peut masquer une rentabilité fragile, voire en dégradation.
Le chiffre d’affaires ne dit rien des charges, de la trésorerie disponible ou de l’effort réel fourni pour le générer. Sans analyse plus fine, le praticien peut travailler davantage, investir au mauvais moment ou augmenter ses dépenses personnelles sans se rendre compte que l’équilibre financier du cabinet se tend.
Cette erreur entraîne souvent :
- Une trésorerie instable malgré une activité soutenue,
- Des décisions d’investissement prises trop tôt ou trop tard,
- Une augmentation du temps de travail sans gain réel,
- Une difficulté à se projeter financièrement.
Piloter un cabinet performant nécessite de dépasser la simple lecture du chiffre d’affaires pour s’intéresser à des indicateurs plus révélateurs, comme la rentabilité réelle, la trésorerie et le taux horaire. C’est à ce niveau que se jouent les décisions financières les plus impactantes.
Erreur n°2 : Ne pas anticiper la trésorerie
Beaucoup de dentistes découvrent l’état réel de leur trésorerie lorsqu’une échéance importante arrive. Tant que les charges passent et que le compte bancaire reste positif, le sujet est souvent repoussé. Pourtant, une trésorerie non anticipée est l’une des principales sources de stress et de décisions précipitées.
Sans vision à moyen terme, le cabinet subit les variations d’activité, les investissements imprévus ou les charges exceptionnelles. Le praticien avance alors à vue, sans savoir s’il peut recruter, investir ou simplement se rémunérer sereinement.
Cette absence d’anticipation entraîne souvent :
- Une tension financière récurrente,
- Des choix dictés par l’urgence plutôt que par la stratégie,
- Des projets retardés ou abandonnés,
- Une charge mentale permanente liée à l’argent.
Mettre en place une vision prévisionnelle de la trésorerie permet de sécuriser le fonctionnement du cabinet et de retrouver de la sérénité. Anticiper, ce n’est pas être pessimiste, c’est se donner les moyens de décider au bon moment.
Erreur n°3 : Mélanger finances personnelles et finances du cabinet
C’est une erreur fréquente, surtout dans les cabinets en croissance. Lorsque les finances personnelles et professionnelles ne sont pas clairement séparées, la lecture financière devient floue et les décisions perdent en précision. Le praticien ne sait plus vraiment ce que le cabinet peut se permettre, ni ce qu’il gagne réellement.
Ce mélange crée une illusion de confort ou, au contraire, un stress injustifié. Un mois favorable peut masquer une réalité financière fragile, tandis qu’un mois plus calme peut sembler inquiétant sans raison. À long terme, cette confusion complique la gestion, la fiscalité et la projection personnelle.
Les conséquences sont multiples :
- Une difficulté à piloter la rentabilité réelle du cabinet,
- Des arbitrages financiers basés sur des ressentis,
- Une mauvaise anticipation des charges personnelles et professionnelles,
- Une perte de visibilité sur les capacités d’investissement.
Séparer clairement les finances du cabinet et celles du praticien permet de reprendre le contrôle. C’est une base indispensable pour sécuriser son activité, se rémunérer de manière cohérente et construire des projets sur des fondations solides.
Des décisions financières plus justes, pour un cabinet plus serein
Les erreurs financières ne viennent que rarement d’un manque de compétence, mais d’un manque de visibilité. En se fiant uniquement au chiffre d’affaires, en n’anticipant pas la trésorerie ou en mélangeant finances personnelles et professionnelles, le cabinet avance à l’aveugle et s’expose à des choix coûteux sur le long terme.
Corriger ces trois erreurs permet de sécuriser son activité, de retrouver de la sérénité et de prendre des décisions financières plus cohérentes, au service du cabinet… et de la vie du praticien.
Et si vous retrouviez une vraie clarté financière ?
Un temps d’échange permet souvent de mettre à plat la situation, de clarifier les chiffres essentiels et d’identifier les leviers pour piloter votre cabinet avec plus de confiance.